yannick dacheville sur un bateau à la pêche en mer

Comment guérir du mal de mer ? Découvrez les astuces de Yannick Dacheville

Le mal de mer ou naupathie est un genre de cinétose caractérisé par des nausées ou des vertiges après avoir passé du temps sur un bateau, à cause du balancement du navire et du décalage entre les informations de mouvement fournies par le système vestibulaire et les informations visuelles. Les agitations du bateau (le roulis et le tangage) brouillent les informations transmises à l’oreille interne (centre de l’équilibre qui permet d’informer le cerveau sur le positionnement de la tête et du reste du corps). Le cerveau est ainsi en déphasage avec les informations reçues et les informations perçues.

Yannick Dacheville explique que la mémoire est également un facteur de la naupathie, car si une personne se remémore les mouvements d’une embarcation en mer, elle peut actionner le trouble. Une personne angoissée est d’autant plus susceptible d’en être victime.

Récurrence et symptômes de la pathologie avec Yannick Dacheville

Ce phénomène est très récurrent sur une petite embarcation ou sur un voilier et touche 25 à 30% de personnes. Les enfants sont les plus touchés, ensuite les femmes et viennent enfin les personnes âgées, mais les symptômes disparaissent généralement après 2 ou 3 jours.

Les yeux forment des repères visuels pour l’homme, ce qui lui permet de voir tout ce qui se passe autour de lui, comme la proprioception ou stabilité des pieds au sol. Le mal de mer se fait sentir lorsque les informations que reçoit le cerveau sont contradictoires aux capteurs. Il se présente généralement lors des premiers jours de navigation, ou dans premières 48h.

Un grand navigateur, un pêcheur, un skipper professionnel, un plaisancier du dimanche ou un simple croisiériste peut être touché par ce mal, car il s’accentue en fonction des conditions météo. Certaines personnes (celles qui contrôlent plus facilement leur équilibre) s’y habituent pour ne plus en souffrir (l’amarinage).

Une personne touchée par la naupathie présente bien souvent des nausées, des lourdeurs de tête (vertiges), des sensations de froid ou de chaud, des pâleurs, des transpirations excessives, des bâillements, des somnolences, des bourdonnements dans l’oreille, des hyper sialorrhées ou encore des vomissements.

Elle peut aussi présenter des maux de tête, des tensions au niveau des muscles, une hyper salivation, une apathie (état d’indifférence à l’émotion, à la motivation ou à la passion), une somnolence, un état semi-comateux, des malaises, des étourdissements et même des évanouissements.

Dans certains cas extrêmes, la victime peut commettre des actes irrationnels ou violents. D’autres se jettent par-dessus bord pour faire disparaitre le mal. Un retour au port ou un appel aux secours en mer devient donc imminent au cas où la personne nécessite une hospitalisation.

Il est donc important de veiller sur une personne atteinte de naupathie en le forçant à se lever, à manger ou à boire pur ne pas amplifier le mal.

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Moyens de prévention contre le mal de mer

Des astuces existent à titre préventif contre la naupathie. La règle ultime à respecter est d’être en parfaite forme physique et mentale avant d’embarquer, car une personne reposée, de bonne humeur et ayant bien mangé est moins sujette à ce trouble.

La règle des 5F (Froid, Faim, Fatigue, Frousse et Foif) est bien connue des marins, car les éviter permet d’éliminer cette sensation de mal être chez la personne atteinte.

Le premier F signifie Froid et il est conseillé de bien se couvrir avec des vêtements chauds (ou des couvertures aussi) avant de s’éloigner en mer. Les sous-couches permettent d’évacuer l’humidité, les polaires conservent la chaleur et les cirés protègent du vent et des embruns.

Le second F symbolise la Faim et il est recommandé de bien remplir sa panse pour permettre à l’organisme de combattre le mal. Il est donc important de bien manger et de grignoter régulièrement de la banane, une barre de céréales, des fruits secs ou des sucreries, surtout durant les temps de fraicheur et si la personne pratique une activité physique renforcée.

Le F suivant veut dire Frousse et elle peut provoquer un sentiment d’inconfort pendant la navigation. Il est donc important de se détendre et d’anticiper toutes les angoisses. Pensez positif et ne vous enfermez pas dans les mauvaises pensées, conseille Yannick Dacheville sur Linkedin.

Le quatrième F est la Fatigue et il est recommandé de bien se reposer, afin d’arriver en forme sur le bateau. Des siestes sont conseillées.

Le dernier F est la soif d’eau ou Foif. Bien s’hydrater avant et pendant la navigation, car cela aide à combattre la soif et à prévenir le mal de mer. Le vent, le soleil et les embruns favorisent la déshydratation et se forcer à boire est le meilleur moyen de lutte. Privilégiez les petites quantités régulières et éviter les boissons chaudes (café, alcool, etc.). Les boissons sucrées ne sont pas proscrites.

Conseils pour résister au mal de mer

De multiples conseils sont énoncés en vue de lutter contre la naupathie.

La prise de la barre est le premier reflexe à avoir si le mal être s’installe en mer, car cela permet de rester bien actif (régler les voiles, échanger, chanter, etc.) et concentré pour anticiper les mouvements du bateau. Il est important de rester près du skipper au cas où il change de trajectoire.

La vue de la mer peut également aider, car elle donne aux yeux la bonne information sur les mouvements.

Suivez les différents conseils de prévention de la part de Yannick Dacheville (plus d’informations ici) :

• Eviter la lecture, les jeux vidéo ou le surf sur écran d’ordinateur, car ils provoquent un décalage entre la vision fixe et les mouvements ressentis par l’oreille interne, ce qui accentue les symptômes
• Eviter les endroits confinés, surchauffés ou malodorants comme la peinture, le poisson ou le goudron sur le bateau
• Manger léger sans fumer ni boire de l’alcool
• Penser positif et éloignez l’anxiété
• Bien dormir avant le voyage et s’habiller en conséquence
• Se positionner au milieu du bateau et fixer l’horizon ou le trait de côte pour se« rééquilibrer »
• Eviter de fixer la houle ou le sillage du bateau et s’installer au milieu du bateau, car la stabilité y est meilleure
• Ne surtout pas se pencher au risque de basculer par-dessus bord
• Monter sur le pont pour prendre l’air au moindre signe de mal être et fixer l’horizon ou la côte

Traitement contre le mal de mer

Plusieurs remèdes sont disponibles pour lutter contre le mal de mer, tels que des traitements médicamenteux.

Des comprimés, des suppositoires, du sirop ou du patch transdermique sont différents types de médicaments utilisés contre la naupathie, à l’exemple des antihistaminiques (Nausicalm), des scopolamines (Scopoderm TTS) ou des antiémétiques (Dompéridone de formes orodispersibles). Ils sont à prendre 20 min avant le repas.

Attention tout de même aux contre-indications et aux effets indésirables. Une consultation chez le médecin est de mise avant toute prise de médicament à titre préventif ou curatif.

Les antihistaminiques sont des médicaments prescrits contre les allergies, mais qui présentent des effets secondaires, comme par exemple la somnolence ou la baisse de la vigilance. Ils sont disponibles en pharmacie, sans ordonnance et se prennent ½ heure avant l’embarcation (à renouveler pendant la navigation avec 6h entre chaque prise). Il est recommandé de ne pas conduire, de ne pas utiliser de machines ou de pratiquer une activité qui demande une certaine concentration après la prise de ce médicament. A ne surtout pas associer à de l’alcool ou autres types de médicaments, prévient Yannick Dacheville. Sauf indication du médecin, les enfants et les femmes enceintes sont exemptés de toute prise.

Les antiémétiques sont des médicaments qui empêchent le vomissement et les nausées. Ils ne soignent pas le mal de mer, mais permettent de lutter contre ces symptômes.

Les traitements antihistaminiques et antiémétiques sont Mercalm, Nautamine, Dramamine, Agirax, Aphilan, Vogalib, Vogalène, etc.

L’homéopathie est un genre de médecine naturelle utilisée pour lutter contre ce trouble. Elle agit de manière identique aux antihistaminiques, sauf qu’elle ne présente pas d’effets secondaires et peut être prescrite aux enfants et aux femmes enceintes. Il peut s’agir du Tabacum, du Cocculus Complexe N°73 ou de Cocculine.

Le patch est un dispositif transdermique prescrit obligatoirement par le médecin. Il contient de la scopolamine et est uniquement disponible pour les adultes. Il s’applique derrière l’oreille, la veille de l’embarcation (entre 6h et 12h avant) et est maintenu jusqu’à la fin du périple. Il annihile les capteurs de l’oreille interne (source du mal) et son action sur le corps dure 3 jours avec certains effets secondaires, comme des troubles de la vision.

La phytothérapie est un remède par l’utilisation d’huiles essentielles telles que des huiles de menthe poivrée et de lavande. Ce traitement n’est prescrit chez les enfants qu’à partir de un an.

Il est primordial dans un premier temps de prendre rendez-vous avec le médecin traitant ou le pharmacien qui sait comment traiter au mieux le mal en fonction des besoins et du degré de naupathie.

Un autre remède découvert récemment est : les lunettes boarding ring. Il dispose d’un canal rempli de liquide coloré, qui se déplace en fonction des mouvements du bateau, ce qui permet à l’œil de le percevoir inconsciemment. La vision est ainsi coordonnée avec l’oreille interne. Yannick Dacheville informe qu’elles coûtent 50 euros la paire et sont disponibles en ligne sur le site The Boarding Ring.

D’autres traitements sont élaborés pour guérir le mal de mer, entre autre le gingembre qui agit contre les nausées. Il est aussi efficace que certains médicaments antiémétiques. Ses composants (les gingérols et les shogaols) agissent sur la muqueuse de l’estomac pour calmer les troubles.

Il est utilisé sous forme de gélules de poudre (Arkogélules, Super Diet, etc.) avec 1,5 g/jour, soit 5 gélules de 300 mg ou d’extrait sec (Naturactive, S.I.D Nutrition, etc.) avec 1 à 2 gélules de 200 mg/jour. La prise chez les enfants de moins de 6 ans est à proscrire, mais les femmes enceintes ou celles qui allaitent peuvent en prendre.

Yannick Dacheville assure qu’il agit rapidement au bout de 20 à 30 minutes et est à prendre une ½ heure ou 1h avant l’embarcation et toutes les 4h en fonction de la durée du voyage.

Son usage est d’autant plus validé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour lutter contre le mal des transports.

L’huile essentielle de citron est également favorable à la lutte contre le mal de mer. Elle permet de calmer le système nerveux (source des nausées) et à diminuer les mouvements de l’appareil digestif. Elle est agréable aux narines et présente moins de contre-indications que l’huile essentielle de la menthe poivrée.

Il faut verser 1 à 2 gouttes sur un mouchoir et le respirer au besoin ou déposer une 1 goutte sur un sucre à sucer et le refaire 3 à 4 fois au cours du périple (1 à 2 gouttes par jour maximum). Elle est interdite par voie orale chez la femme enceinte ou qui allaite et chez l’enfant de moins de 7 ans.

La stimulation d’un point d’acupuncture permet de limiter le reflux, ce qui permet de lutter contre la naupathie. Les nausées et les vomissements sont calmées grâce au point d’acupuncture P6, situé à trois largeurs de doigts, dont l’index, le majeur et l’annulaire, du pli du poignet vers le coude, entre les deux tendons de la face interne de l’avant-bras du côté de la paume.

Cette méthode, conseillée par Yannick Dacheville est d’ailleurs recommandée par la Haute Autorité de Santé pour stopper les nausées chez la femme enceinte et les nausées postopératoires grâce à la stimulation du point P6 par un bracelet d’acupression. Il est sans effet secondaire et est prescrit chez les enfants.

Il faut masser ce point par des mouvements circulaires avec l’ongle et le bout du doigt pendant 5 min (le faire régulièrement) en se focalisant plus sur l’expiration que sur l’inspiration.

Des bracelets sont aussi recommandés, tels que le Sea Band et le Pharmavoyage. Ils sont dotés d’une petite bille qui appuie sur le point lorsqu’elle est bien placée à chaque poignet.